Sommet sur la souveraineté alimentaire: L'intégralité du discours de Macky Sall

Excellences, Madame, Messieurs les Chefs d’Etat et de gouvernement, chers amis, Monsieur le Président de l’Assemblée nationale, Monsieur le Premier Ministre, Madame la Présidente du Haut Conseil des Collectivités territoriales, Monsieur le Président du Conseil économique, social et environnemental, Mesdames, Messieurs les Ministres, Monsieur le Président de la Banque africaine de Développement, Monsieur Moussa Faki Mahamat, Président de la Commission de l’Union Africaine, Monsieur le Président de la Banque islamique de Développement, Monsieur le Président du Fonds international de Développement agricole, Monsieur le Directeur général du Bureau international du Travail, Mesdames, Messieurs les Ambassadeurs et chefs de délégation, Mesdames, Messieurs, Après Dakar I en octobre 2015, le Sénégal se réjouit d’accueillir à nouveau, en partenariat avec la Banque africaine de Développement, la 2e Conférence internationale de Dakar sur l’agriculture, Dakar II, sous le thème de la souveraineté alimentaire et de la résilience. Je souhaite la bienvenue et un agréable séjour à nos hôtes. Merci à toutes et à tous d’être venus nombreux. Je vous remercie en particulier, chers frères et amis Chefs d’Etat et de gouvernement, d’avoir honoré de votre présence cette rencontre. Votre participation marque tout l’intérêt que nous accordons, ensemble, au secteur vital de l’agriculture, pour en faire une source de résilience conjoncturelle, mais surtout une base de souveraineté alimentaire à long terme. Nous sommes ravis, pour la circonstance, de compter parmi nous le Président Michael HIGGINS d’Irlande, dernier pays non régional à adhérer à la BAD, pour en devenir le 81e membre. Thank you very much President HIGGINS for coming. On behalf of AU, I extend to you and your country our warm congratulations. Je félicite notre frère Akinwumi Adesina, Président du Groupe de la BAD, co organisateur de la conférence, pour la priorité élevée qu’il continue d’accorder à l’agriculture et à la sécurité alimentaire. De toute évidence, cette priorité est devenue aujourd’hui une urgence de première nécessité, alors que nos pays subissent de plein fouet l’effet combiné du changement climatique, de la pandémie et d’une guerre majeure. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon le Rapport mondial sur la crise alimentaire en 2022, jusqu’à 205 millions de personnes à travers le monde pourraient faire face à l’insécurité alimentaire. S’y ajoutent la pénurie d’engrais et la hausse vertigineuse des prix qui plombent la production agricole. Cette crise sans précédent nous édifie sur l’urgence pour notre continent de mettre fin à sa dépendance alimentaire vis-à-vis de l’extérieur, d’apprendre à se nourrir par lui-même, et mieux encore, de contribuer à nourrir le monde. Nous en avons le potentiel. Nous sommes 1,4 milliard d’habitants établis sur plus de 30 millions de km2, avec plus de 60% des terres arables non exploitées de la planète et d’abondantes ressources hydriques. C’est d’ailleurs tout le paradoxe d’un continent qui continue d’importer l’essentiel de ses produits alimentaires. La Déclaration de Maputo de juillet 2003 nous rappelle que pour transformer notre potentiel en réalité, il nous faut allouer au moins 10% du budget national à l’agriculture. Cela requiert un engagement volontariste. A titre d’exemple, au Sénégal la part des investissements agricoles dans le budget général d’investissement s’élève à 12%. De plus, en deux ans nous avons augmenté de 75% le financement de la campagne agricole d’hivernage, afin d’accélérer notre marche vers la souveraineté alimentaire. A l’échelle africaine, je salue le Plan d’urgence de la BAD sur la sécurité alimentaire qui a permis de mobiliser à ce jour 1,6 milliard de dollars en faveur de 30 pays, dont 15 ont déjà procédé au décaissement. Il est tout aussi heureux que Dakar II soit un Sommet orienté vers l’action, avec la signature de Compacts de livraison de produits alimentaires et agricoles afin de stimuler la production et le commerce de ces produits. En outre, je rappelle à l’attention de notre conférence la Déclaration conjointe sur la sécurité alimentaire issue du Sommet Etats-Unis-Afrique de décembre dernier, visant deux objectifs principaux. A court terme, il s’agit de répondre aux besoins immédiats d’importation d’engrais et de produits alimentaires aux conditions normales du marché. A moyen et long termes, la Déclaration nous engage à travailler ensemble, et de concert avec d’autres partenaires, en vue d’améliorer de façon durable l’investissement dans le secteur agricole pour assurer la souveraineté alimentaire de notre continent. En ma qualité de Président en exercice de l’Union africaine j’ai déjà mis en place une task force restreinte sur les objectifs à court terme, qui sera ensuite élargie pour assurer le suivi des engagements à moyen et long termes. S’agissant de nos partenariats de façon générale, il me semble important que les différentes initiatives en direction de l’Afrique soient mieux coordonnées au plan continental pour qu’ils soient en harmonie avec les quatre piliers du Programme détaillé pour le développement de l’agriculture en Afrique. Il s’agit :  Premièrement, de valoriser davantage la recherche, améliorer la mécanisation agricole et la maîtrise de l’eau, et intensifier l’utilisation de méthodes et technologies appropriées, y compris la transformation locale des produits ;  Deuxièmement, d’élargir les superficies exploitées et d’assurer une gestion durable des terres ;  Troisièmement, d’améliorer l’accès des produits aux marchés, en renforçant les infrastructures de désenclavement et d’interconnexion transfrontalière, ainsi que les équipements de stockage, de conservation et de transformation locale ;  Quatrièmement, de soutenir les petits exploitants, notamment les femmes et les jeunes par un encadrement et un financement adaptés à leurs besoins ; Sur la transformation durable des systèmes agricoles, la réforme foncière revêt une sensibilité particulière qui nécessite de concilier les besoins légitimes de l’agriculture familiale et ceux indispensables de l’agro business pour la production à grande échelle. Là également, une attention particulière devrait être accordée à l’accès au foncier pour les femmes et les jeunes. Chers collègues, Mesdames, messieurs, Face à une crise sans précédent, nous sommes à la croisée des chemins. Il y a le chemin de l’Afrique des problèmes, qui nous maintient dans le statut quo d’une agriculture qui continuera de nous exposer à la précarité alimentaire, et le chemin de l’Afrique des solutions, qui nous met dans la perspective d’une agriculture moderne, et nous conduit, au-delà de la résilience, vers la souveraineté alimentaire. Dakar II veut s’inscrire résolument dans la dynamique de l’Afrique des solutions ; une Afrique qui puise dans son énorme potentiel pour se nourrir par elle-même et aider à nourrir le monde. C’est notre raison d’être ici. Nous voulons rester combatifs, résolus à surmonter nos obstacles pour relever les défis devant nous. J’appelle tous nos partenaires bilatéraux et multilatéraux à se mobiliser avec nous, pour faire de Dakar II un véritable Sommet de l’action, afin de réussir ensemble le pari de la production agricole et de la souveraineté alimentaire en Afrique. Je déclare maintenant ouverts les travaux de la 2e Conférence internationale de Dakar sur l’agriculture et vous remercie de votre aimable attention. Avec Setal.net, le meilleur reste à venir

Excellences, Madame, Messieurs les Chefs d’Etat et de gouvernement, chers amis, Monsieur le Président de l’Assemblée nationale, Monsieur le Premier Ministre, Madame la Présidente du Haut Conseil des Collectivités territoriales, Monsieur le Président du Conseil économique, social et environnemental, Mesdames, Messieurs les Ministres, Monsieur le Président de la Banque africaine de Développement, Monsieur Moussa Faki Mahamat, Président de la Commission de l’Union Africaine, Monsieur le Président de la Banque islamique de Développement, Monsieur le Président du Fonds international de Développement agricole, Monsieur le Directeur général du Bureau international du Travail, Mesdames, Messieurs les Ambassadeurs et chefs de délégation, Mesdames, Messieurs, Après Dakar I en octobre 2015, le Sénégal se réjouit d’accueillir à nouveau, en partenariat avec la Banque africaine de Développement, la 2e Conférence internationale de Dakar sur l’agriculture, Dakar II, sous le thème de la souveraineté alimentaire et de la résilience. Je souhaite la bienvenue et un agréable séjour à nos hôtes. Merci à toutes et à tous d’être venus nombreux. Je vous remercie en particulier, chers frères et amis Chefs d’Etat et de gouvernement, d’avoir honoré de votre présence cette rencontre. Votre participation marque tout l’intérêt que nous accordons, ensemble, au secteur vital de l’agriculture, pour en faire une source de résilience conjoncturelle, mais surtout une base de souveraineté alimentaire à long terme. Nous sommes ravis, pour la circonstance, de compter parmi nous le Président Michael HIGGINS d’Irlande, dernier pays non régional à adhérer à la BAD, pour en devenir le 81e membre. Thank you very much President HIGGINS for coming. On behalf of AU, I extend to you and your country our warm congratulations. Je félicite notre frère Akinwumi Adesina, Président du Groupe de la BAD, co organisateur de la conférence, pour la priorité élevée qu’il continue d’accorder à l’agriculture et à la sécurité alimentaire. De toute évidence, cette priorité est devenue aujourd’hui une urgence de première nécessité, alors que nos pays subissent de plein fouet l’effet combiné du changement climatique, de la pandémie et d’une guerre majeure. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon le Rapport mondial sur la crise alimentaire en 2022, jusqu’à 205 millions de personnes à travers le monde pourraient faire face à l’insécurité alimentaire. S’y ajoutent la pénurie d’engrais et la hausse vertigineuse des prix qui plombent la production agricole. Cette crise sans précédent nous édifie sur l’urgence pour notre continent de mettre fin à sa dépendance alimentaire vis-à-vis de l’extérieur, d’apprendre à se nourrir par lui-même, et mieux encore, de contribuer à nourrir le monde. Nous en avons le potentiel. Nous sommes 1,4 milliard d’habitants établis sur plus de 30 millions de km2, avec plus de 60% des terres arables non exploitées de la planète et d’abondantes ressources hydriques. C’est d’ailleurs tout le paradoxe d’un continent qui continue d’importer l’essentiel de ses produits alimentaires. La Déclaration de Maputo de juillet 2003 nous rappelle que pour transformer notre potentiel en réalité, il nous faut allouer au moins 10% du budget national à l’agriculture. Cela requiert un engagement volontariste. A titre d’exemple, au Sénégal la part des investissements agricoles dans le budget général d’investissement s’élève à 12%. De plus, en deux ans nous avons augmenté de 75% le financement de la campagne agricole d’hivernage, afin d’accélérer notre marche vers la souveraineté alimentaire. A l’échelle africaine, je salue le Plan d’urgence de la BAD sur la sécurité alimentaire qui a permis de mobiliser à ce jour 1,6 milliard de dollars en faveur de 30 pays, dont 15 ont déjà procédé au décaissement. Il est tout aussi heureux que Dakar II soit un Sommet orienté vers l’action, avec la signature de Compacts de livraison de produits alimentaires et agricoles afin de stimuler la production et le commerce de ces produits. En outre, je rappelle à l’attention de notre conférence la Déclaration conjointe sur la sécurité alimentaire issue du Sommet Etats-Unis-Afrique de décembre dernier, visant deux objectifs principaux. A court terme, il s’agit de répondre aux besoins immédiats d’importation d’engrais et de produits alimentaires aux conditions normales du marché. A moyen et long termes, la Déclaration nous engage à travailler ensemble, et de concert avec d’autres partenaires, en vue d’améliorer de façon durable l’investissement dans le secteur agricole pour assurer la souveraineté alimentaire de notre continent. En ma qualité de Président en exercice de l’Union africaine j’ai déjà mis en place une task force restreinte sur les objectifs à court terme, qui sera ensuite élargie pour assurer le suivi des engagements à moyen et long termes. S’agissant de nos partenariats de façon générale, il me semble important que les différentes initiatives en direction de l’Afrique soient mieux coordonnées au plan continental pour qu’ils soient en harmonie avec les quatre piliers du Programme détaillé pour le développement de l’agriculture en Afrique. Il s’agit :  Premièrement, de valoriser davantage la recherche, améliorer la mécanisation agricole et la maîtrise de l’eau, et intensifier l’utilisation de méthodes et technologies appropriées, y compris la transformation locale des produits ;  Deuxièmement, d’élargir les superficies exploitées et d’assurer une gestion durable des terres ;  Troisièmement, d’améliorer l’accès des produits aux marchés, en renforçant les infrastructures de désenclavement et d’interconnexion transfrontalière, ainsi que les équipements de stockage, de conservation et de transformation locale ;  Quatrièmement, de soutenir les petits exploitants, notamment les femmes et les jeunes par un encadrement et un financement adaptés à leurs besoins ; Sur la transformation durable des systèmes agricoles, la réforme foncière revêt une sensibilité particulière qui nécessite de concilier les besoins légitimes de l’agriculture familiale et ceux indispensables de l’agro business pour la production à grande échelle. Là également, une attention particulière devrait être accordée à l’accès au foncier pour les femmes et les jeunes. Chers collègues, Mesdames, messieurs, Face à une crise sans précédent, nous sommes à la croisée des chemins. Il y a le chemin de l’Afrique des problèmes, qui nous maintient dans le statut quo d’une agriculture qui continuera de nous exposer à la précarité alimentaire, et le chemin de l’Afrique des solutions, qui nous met dans la perspective d’une agriculture moderne, et nous conduit, au-delà de la résilience, vers la souveraineté alimentaire. Dakar II veut s’inscrire résolument dans la dynamique de l’Afrique des solutions ; une Afrique qui puise dans son énorme potentiel pour se nourrir par elle-même et aider à nourrir le monde. C’est notre raison d’être ici. Nous voulons rester combatifs, résolus à surmonter nos obstacles pour relever les défis devant nous. J’appelle tous nos partenaires bilatéraux et multilatéraux à se mobiliser avec nous, pour faire de Dakar II un véritable Sommet de l’action, afin de réussir ensemble le pari de la production agricole et de la souveraineté alimentaire en Afrique. Je déclare maintenant ouverts les travaux de la 2e Conférence internationale de Dakar sur l’agriculture et vous remercie de votre aimable attention.
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